J’ai toujours peint. Et finalement je n’ai eu que très peu de cours de peinture. En 1979 je devais recevoir mon premier prix de peinture de l’Académie d’ABADAN (Iran) et j’en étais fièr.
Cet événement n’a jamais eu lieu pour cause de guerre. L’armée Irakienne a envahi ma ville et nous avons fuit notre ville. Je n’ai jamais revu cette toile. Je l’imagine détruite par les bombes comme la plupart de nos biens. Aujourd’hui je pense que si l’on chasse quelqu’un de sa maison il devient éternellement nomade dans sa tête et dans sa vie.
Entre cette époque et ma peinture d’aujourd’hui il n’y a qu’un seul trait d’union, la vie. Une vie d’errance et de découverte mais toutes les découvertes ne sont pas enchanteresses, loin de la.
Excusez mes petits phares colorés et mes petits bateaux tordus, mais je les préfère à la morosité générale continuellement mise en scène. On est tenté de crier au complot mais non, c’est un des aspects de l’être humain. Mais qui a planté la graine ?
Le peintre peut évoquer les choses sérieuses et importantes par la couleur, seulement, il faut être plus convaincant, c’est plus difficile.